Évidemment lorsque je raconte mes « vacances », lorsque j’évoque les activités que j’ai pu faire, beaucoup de personnes ont tiqué quant au fait que je me suis rendue dans les camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Drôle d’idée que d’aller côtoyer la mort durant ses vacances, sans y être réellement forcée, n’est-ce pas ? Bien sûr. Je partage votre point de vue, pour beaucoup. Je souhaitais me rendre en Pologne pour y retrouver ce que j’avais tant aimé à Varsovie. La simplicité et la gentillesse des locaux. La beauté des environs. J’avais donc prévu de rejoindre Zakopane et profiter de son air montagnard. Que j’ai adoré.

Puis j’avais décidé de mettre « enfin » les pieds à Auschwitz. Rien qu’à son nom, les gens frissonnent. « Tu as pleuré? » m’a-t-on souvent demandé. Non. J’ai eu l’estomac noué. J’ai eu envie de comprendre. Comment l’être humain a pu en arriver là. J’ai voulu voir les visages des torturés. De la curiosité malsaine, dans un sens. On se surprend à regarder les cheveux coupés des femmes, hommes, enfants, une cinquantaine d’années auparavant. À scruter les noms apposés sur les valises jetées après les massacres. On se surprend à avoir de la peine. Non, pas de la peine quand vous ouvrez votre frigo et que vous vous rendez compte que votre yaourt préféré a déjà été mangé par votre soeur. De cette peine qui ne vous quitte pas même des heures après. De cette peine d’être français, aussi. D’avoir, de loin, participé à un massacre en nombre. De l’incompréhension. Des étonnements. Car on apprend plus de choses sur place que six années sur les bancs des lycées et collèges. Ici, on ressent les choses. On les ressent car les potences sont toujours là, que les griffes des victimes sont toujours présentes sur les portes et les murs. Que leurs chaussures sont toujours là. Et que finalement, leurs cris et leurs pleurs résonneront toujours à chaque coin de block. Que la mort a une odeur, un nom.

Alors oui, j’ai passé mes « vacances » dans un des endroits les plus lugubres au monde. Mais j’en ressors un peu plus grandi. Et comme les images valent mille mots, je me retire du clavier et vous laisse découvrir MON Auschwitz, MA peine et MA tristesse en vous partageant ces quelques clichés.

auschwitzauschwitz

Je ferai un article sur Auschwitz plus en détail, comment vous y rendre, ce que vous y trouverez, le prix évidemment, mon ressenti (même si je vous en ai donné un aperçu). Si jamais cela peut aider certains d’entre vous à vous y rendre, n’hésitez pas non plus à me contacter !

SHARE

Hello, ici Noemi ! Grande passionnée de voyage et de découvertes culturelles et historiques (barbant, avez-vous dit?), mes terrains de jeux favoris restent l’Europe et les Etats-Unis. Avec toujours cette envie de vous donner le courage de vous lancer, vous aussi, afin de réaliser vos rêves.

8 COMMENTS

  1. Toute jeune, avec l’école, on était allé « visiter » celui du Struthof, mais je crois qu’on était bien trop petits pour saisir ce qu’on essayait de nous faire comprendre…
    La vision d’adulte maintenant colle des frissons face à tes images…

    • J’habite à Mulhouse depuis peu donc j’ai prévu d’aller au Struthof aussi , même si ce sera « light » par rapport à Auschwitz !
      Merci d’être passée 😘

  2. Tes clichés me bouleversent… mais il faut parfois regarder l’horreur en face. C’est le moins que l’on puisse faire pour rendre hommage aux victimes de cette atrocité ! Et surtout pour faire en sorte que cela ne se reproduise jamais.
    Merci de partager ton expérience. Il n’y a rien d’étrange dans ton choix, au contraire il fait preuve d’une grand maturité 🙂

  3. Tes photos parlent énormément ! J’ai un grand intéressé de la guerre chez moi (mon chéri), je lui montrerais ton article.
    Perso je ne sais pas si j’arriverais à aller là bas, déjà que j’ai eut un énorme blocage au bunker de la pointe du Hoc … Alors à Auschwitz là où s’est chargé d’histoire … J’imagine même pas
    Merci pour cette piqûre de rappel avec cet article ! Je partage ton ressentis sur le fait d’avoir de la peine d’être français car malheureusement même si c’est Pétain et le gouvernement de Vichy ils étaient français avant tout …
    Tes mots sont forts, et remplis d’émotion.

    Je te fais plein de bisous <3 Je trouve qu'ils sont de circonstance dans ce type d'articles. x.

  4. Comme je te comprends, c’est un endroit que j’ai aussi envie de voir. Je trouve tes photos superbes, je peux en sentir l’émotion. Je pense que s’y rendre permet de mieux prendre conscience de cette horreur. Je suis déjà allée à Oradour-sur-Glane et c’est un lieu chargé d’émotions aussi.

    • Merci ! Oui c’est bien loin de ce qu’on nous apprend dans les livres. Mais tu vois, vaut mieux être adulte pour y aller. Tu comprends mieux les choses ! :-/

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here